Intelligence artificielle (IA)
Google ouvre ses modèles d'IA les plus avancés à 200 chercheurs européens
Google mise gros sur la science européenne. Le géant de Mountain View a annoncé aujourd'hui, lors d'un sommet sur l'IA à Dublin, qu'il ouvrirait ses modèles d'intelligence artificielle les plus avancés à 200 chercheurs européens, accompagnés de 3 millions de dollars en crédits de calcul sur Google Cloud.
Les chercheurs, sélectionnés par la Commission européenne dans le cadre du programme RAISE (Resource for AI Science in Europe), auront accès aux outils scientifiques phares de Google DeepMind et Google Cloud : AlphaFold 3 pour les structures protéiques, WeatherNext pour la prévision météo, AlphaGenome pour l'analyse de l'ADN, AlphaEvolve et AlphaEarth Foundations pour l'observation de la Terre.
Combler le fossé du calcul
L'initiative vise directement le problème que rencontrent de nombreux laboratoires européens : le manque de puissance de calcul massive nécessaire pour faire tourner les modèles les plus récents. L'annonce a été signée par Maureen Costello, vice-présidente de Google Cloud pour le Royaume-Uni, l'Irlande et l'Afrique subsaharienne, qui y voit un soutien direct à l'agenda « IA pour la science » de l'Union européenne.
« En fournissant une puissance de calcul vitale et des outils de pointe directement aux équipes de recherche, cet effort vise à accélérer le rythme de l'innovation européenne et à renforcer la compétitivité scientifique du continent », a déclaré Google dans son communiqué.
Un timing qui interpelle
- L'annonce intervient alors que les appels à réguler l'IA se multiplient, après une série d'incidents de sécurité.
- L'Europe investit déjà massivement : le programme Horizon Europe consacre 600 millions d'euros à l'accès au calcul pour scientifiques et startups.
- Le revers de la médaille : la dépendance des modèles et du calcul à un fournisseur américain pose la question de la souveraineté technologique européenne.
Notre avis
Trois millions de dollars répartis entre 200 équipes, ça fait 15 000 $ par équipe : pas de quoi entraîner un modèle de fondation, mais largement de quoi débloquer des expériences qui seraient restées lettre morte. Google fait ici coup double : il s'achète une image de bon citoyen de la science européenne tout en rendant une génération entière de chercheurs dépendante de ses outils. Reste une vraie question : si l'Europe veut peser dans la course à l'IA scientifique, elle devra tôt ou tard financer ses propres infrastructures — les crédits Google ne remplacent pas des supercalculateurs. En attendant, les laboratoires auraient tort de bouder le cadeau.