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Sommet Paley : les patrons de Take-Two et Sony tracent une ligne dure sur l'IA — « elle ne remplacera pas les créateurs »
Deux des plus grands patrons de l'industrie du divertissement viennent d'envoyer un message on ne peut plus clair : l'intelligence artificielle peut aider les affaires, mais elle ne remplacera pas les humains qui les font tourner. C'est la position défendue ce mardi matin par Strauss Zelnick, PDG de Take-Two Interactive, et Hiroki Totoki, président-directeur général du groupe Sony, lors d'une discussion au Paley International Summit de New York.
Les deux dirigeants ont décrit l'IA comme un outil pratique au service de la production et des flux de travail, et non comme un substitut au jugement créatif.
La créativité reste une force humaine
Hiroki Totoki a insisté sur le fait que la créativité demeure une force profondément humaine, en particulier dans le divertissement, où les plus grandes idées dépendent encore de l'instinct et de l'originalité. Il a ajouté qu'il encourage ses employés à utiliser l'IA, tout en restant très attentif aux ayants droit, aux créateurs et aux artistes.
Strauss Zelnick a tenu un discours similaire, estimant que les travailleurs qui savent utiliser l'IA auront un avantage sur ceux qui l'ignorent. Selon lui, l'IA n'est qu'un mélange de jeux de données, de puissance de calcul et de grands modèles de langage — des systèmes par nature tournés vers le passé. « La créativité, elle, regarde vers l'avenir », a-t-il résumé.
Des succès que les données n'auraient jamais prédits
Pour appuyer son propos, le patron de Take-Two a puisé dans sa propre carrière. Il a rappelé que lorsque le premier Grand Theft Auto a été créé, personne n'imaginait qu'il deviendrait le phénomène qu'il est aujourd'hui. Il a aussi évoqué Home Alone (Maman, j'ai raté l'avion), d'abord considéré comme un casse-tête de production avant de devenir la comédie la plus rentable de tous les temps. Sa conclusion : les grands succès sont souvent impossibles à prédire à partir de données passées.
Une semaine électrique pour l'IA dans le jeu vidéo
Cette prise de position intervient dans une semaine particulièrement tendue pour l'IA et le jeu vidéo :
- Le studio indépendant Digital Sun (Moonlighter) a reporté le playtest public sur Steam de son tower defense ReVamp, par crainte que des joueurs utilisent l'IA générative pour cloner le jeu avant même sa sortie. Un playtest fermé aura lieu sur Discord le 29 octobre, et le playtest public est repoussé à janvier 2027.
- Selon TheGamer, 36 % des jeux du Steam Next Fest déclarent désormais utiliser l'IA générative, contre un sur cinq auparavant.
- Un site communautaire bien connu de décompilation de jeux vidéo a annoncé sa fermeture, son créateur estimant que « l'aspect communautaire de la décompilation a été brisé » par les outils d'IA.
Notre avis
Zelnick et Totoki ont raison sur l'essentiel : aucune donnée d'entraînement n'aurait « prédit » GTA ou Tetris. Mais leur discours révèle aussi une industrie sur la défensive : pendant que les grands patrons rassurent, les petits studios comme Digital Sun changent déjà leurs plans de peur d'être clonés. La vraie question n'est plus de savoir si l'IA est créative, mais qui profite de la créativité des autres. Et sur ce terrain-là, les plateformes devront, comme le réclame Digital Sun, renforcer sérieusement la protection des œuvres originales.