Intelligence artificielle (IA)
Meta condamné à payer 25 milliards $ au Nouveau-Mexique et fractionne son action pour financer la course à l'IA
Mercredi noir et blanc pour Meta : pendant que le géant annonçait un chiffre d'affaires trimestriel record de 64,6 milliards $, un juge du Nouveau-Mexique le condamnait à verser 25 milliards $ pour avoir trompé ses utilisateurs sur la confidentialité de leurs données. Et comme si cela ne suffisait pas, la société a dévoilé un fractionnement d'actions assorti d'une nouvelle classe d'actions pour financer sa course à l'intelligence artificielle.
25 milliards $ pour Cambridge Analytica
L'affaire remonte au scandale Cambridge Analytica de 2018 : jusqu'à 87 millions d'utilisateurs Facebook avaient vu leurs données siphonnées via une application de quiz tierce, utilisées ensuite pour du profilage politique. Le Nouveau-Mexique avait poursuivi Meta en 2021, refusant de rejoindre le règlement de 18 milliards $ conclu en août avec la quasi-totalité des autres États.
Un jury avait conclu en septembre à près de 44 millions de violations des lois de protection des consommateurs de l'État. Le juge Francis Mathew a calculé une pénalité théorique de 219 milliards $, avant de la ramener à 25 milliards $ — cinq fois l'amende de 5 milliards $ infligée par la FTC en 2019. L'État réclamait jusqu'à 40 milliards $ ; Meta plaidait pour un maximum de 3,4 milliards $. La somme est destinée au système d'éducation publique du Nouveau-Mexique. Meta fera appel.
Fractionner l'action pour payer l'IA
Dans le même temps, Meta a annoncé un fractionnement de son action et la création d'une nouvelle classe de titres pour financer ses investissements en IA — sans affecter le contrôle de vote de Mark Zuckerberg. Le message est limpide : la course aux modèles et aux centres de données coûte si cher qu'il faut restructurer le capital pour la payer.
Et les chiffres donnent le vertige : Meta prévoit de dépenser entre 135 et 145 milliards $ cette année, essentiellement pour l'IA. Résultat : son flux de trésorerie est passé en territoire négatif pour la première fois depuis 2012, malgré des revenus en hausse de 26 %, au-dessus des attentes des analystes.
Muse, la lueur d'espoir
La bonne nouvelle pour les investisseurs s'appelle Muse, l'assistant IA grand public lancé le 8 septembre : 10,9 millions de téléchargements et 2,5 millions d'utilisateurs actifs quotidiens au 16 octobre, selon la société. Le titre a bondi d'environ 5 % après la clôture mercredi, et a gagné près de 15 % depuis le lancement de Muse.
Notre avis
Le contraste est saisissant : Meta empoche des revenus records grâce à la publicité dopée à l'IA, pendant que ses vieilles fautes de confidentialité lui coûtent 25 milliards $ — et que ses ambitions en IA le plongent dans le rouge pour la première fois depuis 14 ans. Le fractionnement d'actions est un signal fort : Zuckerberg parie l'avenir de l'entreprise sur l'IA, quitte à diluer le présent. Reste à voir si Muse deviendra le prochain moteur de croissance… ou le prochain gouffre financier.