Intelligence artificielle (IA)
11,6 milliards $ : Anthropic confie une partie de son cloud à Akamai (et prend jusqu'à 5 % du capital)
C'est l'un des plus gros contrats cloud de l'année dans l'IA. Le 25 septembre 2026, Akamai a annoncé un accord pluriannuel de 11,6 milliards de dollars sur sept ans avec Anthropic pour lui fournir de la capacité de calcul CPU. Et le montage financier est aussi intéressant que le montant : Anthropic obtient un bon de souscription lui permettant de prendre jusqu'à 5 % du capital d'Akamai, au fur et à mesure que ses paiements franchissent certains seuils.
Un accord à l'envers, une première pour Akamai
Depuis 2025, les méga-contrats d'infrastructure IA suivaient presque toujours le même schéma : ce sont les fabricants de puces ou les géants du cloud qui investissent dans les laboratoires d'IA, en liant warrants ou participations aux volumes d'achat futurs. Ici, c'est l'inverse : c'est l'action d'Akamai elle-même qui change de mains. Selon TechCrunch, c'est la première fois qu'Akamai attache un warrant à un contrat cloud. Résultat : Anthropic a tout intérêt à étendre le contrat plutôt qu'à aller voir ailleurs une fois la période initiale écoulée.
Cap sur les 20 milliards $
- Option d'extension de 9 milliards $ : si Anthropic l'exerce, le contrat dépassera les 20 milliards $ et le warrant grimpera d'environ 3 points supplémentaires.
- 5,5 milliards $ : le coût estimé pour Akamai de construire cette capacité, dont 1,7 milliard $ ajoutés au budget d'investissement 2026 pour pré-acheter des composants (de la mémoire notamment).
- 150 à 300 millions $ de revenus attendus dès 2027, premier point de contrôle pour les investisseurs.
- +17 % en après-bourse pour l'action Akamai après l'annonce, selon le Wall Street Journal.
Pourquoi c'est important
Pour Anthropic, l'enjeu est clair : diversifier son infrastructure au-delà des fournisseurs traditionnels (AWS, Google Cloud, Azure) alors que la demande en capacité de calcul explose. Pour Akamai, longtemps cantonné au CDN et à la diffusion de contenu, c'est une reconversion assumée vers le cloud IA — et le marché y croit.
Notre avis
Onze milliards pour du CPU, pas du GPU : voilà qui en dit long sur l'ampleur réelle des besoins des laboratoires d'IA, bien au-delà des seules puces d'entraînement. Le montage « inversé » est malin des deux côtés — Akamai s'assure un client captif, Anthropic s'achète des remises croissantes. La vraie question : combien de temps avant que les autres néoclouds ne copient la formule ?