Espace
Google envoie ses puces TPU dans l'espace : le projet Suncatcher entre en orbite
Google vient de faire décoller ses puces d'IA… littéralement. Ce jeudi 1er octobre, un satellite prototype du projet Suncatcher a été lancé à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX (mission Transporter-18) depuis la base de Vandenberg, en Californie, avec quatre Tensor Processing Units (TPU) à son bord. C'est la première fois que des puces TPU volent dans l'espace.
Le satellite, construit en partenariat avec Planet Labs et de la taille d'un petit réfrigérateur, faisait partie des quelque 130 satellites embarqués dans cette mission de covoiturage spatial. Peu après le lancement, Google a confirmé avoir établi le contact avec le satellite, qui « fonctionne comme prévu », selon Travis Beals, le directeur senior du programme Paradigms of Intelligence qui dirige le projet.
Un banc d'essai, pas un data center orbital
Que les fans de science-fiction se calment : il ne s'agit pas encore d'un data center dans l'espace. Google décrit ce vol comme un simple exercice d'apprentissage — la toute première étape matérielle du projet Suncatcher, dévoilé en novembre 2025, qui explore si l'infrastructure d'apprentissage automatique pourrait un jour fonctionner en orbite.
L'expérience est volontairement étroite : pendant un an, le satellite fera tourner une version du modèle Gemma de Google pour répondre à des requêtes simples, par rafales de 15 minutes seulement — la dissipation thermique dans le vide spatial oblige.
Trois défis majeurs à mesurer
Google veut répondre à trois questions d'ingénierie centrales :
- Survie au lancement : les composants peuvent subir jusqu'à 100 g pendant l'ascension ; le satellite a été secoué sur ses trois axes avant le vol.
- Résistance aux radiations : des TPU Trillium ont été exposés à un faisceau de protons à l'université UC Davis pour simuler les bitflips cosmiques.
- Gestion thermique : sans air pour évacuer la chaleur, l'équipe a testé caloducs et radiateurs en chambre à vide thermique.
Le prototype embarque environ 1 kilowatt de puissance solaire — une fraction des besoins d'un véritable centre de données. Deux satellites reliés par laser suivront en 2027.
Notre avis
Sundar Pichai l'a résumé avec humour : « un petit pas pour les TPU ». Mais derrière la blague se cache une vision sérieuse : l'espace offre une énergie solaire quasi illimitée et un refroidissement naturel. Si Google prouve que ses puces survivent en orbite, la course aux data centers spatiaux ne fait que commencer — et la concurrence regardera ça de très près.