Intelligence artificielle (IA)
Ottawa lance un Conseil national de l'intelligence artificielle : 13 experts pour guider la stratégie IA du Canada
Le Canada veut prendre l'IA au sérieux — et se donner les moyens de ses ambitions. Le 2 octobre 2026, le premier ministre Mark Carney a lancé le Conseil national de l'intelligence artificielle, un groupe de 13 experts chargé de conseiller le gouvernement sur la « transformation IA » du pays. Sa mission : fournir des avis « indépendants, pratiques et opportuns » pour faire évoluer la stratégie nationale « L'IA pour tous ».
Les priorités affichées sont ambitieuses : accélérer l'adoption de l'IA, faire émerger des champions nationaux et bâtir une infrastructure IA souveraine. La formule de Carney résume l'esprit du projet : « la prospérité et la souveraineté à l'ère de l'IA appartiennent aux nations capables de construire, d'adopter et de gouverner l'IA selon leurs propres conditions ».
Un casting de poids
La liste des 13 membres donne le ton. On y retrouve notamment :
- Yoshua Bengio, pionnier mondial de l'apprentissage profond et prix Turing, connu pour ses appels à des garde-fous mondiaux sur l'IA.
- Sanja Fidler, ancienne dirigeante d'un laboratoire de recherche de NVIDIA.
- Ajay Agrawal, cofondateur du Creative Destruction Lab.
- Jordan Jacobs, cofondateur de Radical Ventures.
- Valérie Pisano, présidente et cheffe de la direction de Mila (Montréal).
- Michelle Zatlyn, cofondatrice de Cloudflare.
- Patrick Pichette, membre d'office.
Le conseil sera soutenu par une petite équipe au sein du Bureau du Conseil privé, signe que le gouvernement veut un canal de conseil permanent plutôt qu'une simple consultation ponctuelle.
Dans la foulée de la stratégie du 4 juin
Ce conseil s'inscrit dans la continuité de la stratégie nationale d'IA dévoilée le 4 juin 2026, qui comprenait notamment un Fonds d'accès au calcul de 700 millions de dollars destiné aux petites et moyennes entreprises. Le gouvernement s'est également engagé à moderniser les lois canadiennes sur la protection de la vie privée et à introduire des lois sur la sécurité en ligne — des dossiers que les avis du conseil pourraient influencer.
Notre avis
Sur le papier, le casting est excellent : recherche de pointe, capital-risque, cybersécurité et fonction publique autour de la même table. Mais soyons lucides : un conseil consultatif ne vote pas de lois et ne distribue pas de budgets. Sa vraie valeur se mesurera à ce qu'Ottawa en fait — publiera-t-il ses avis ? Influencera-t-il vraiment les projets de loi sur la vie privée et la sécurité en ligne ? Le Canada a tous les atouts pour devenir un leader de l'IA souveraine ; encore faut-il transformer les conseils en actions.