Intelligence artificielle (IA)
Reflection AI prépare son premier modèle à poids ouverts pour défier DeepSeek et Qwen
La course aux modèles ouverts vient de prendre un tournant majeur. Selon un scoop d'Axios publié le 4 octobre 2026, Reflection AI, la jeune pousse soutenue par Nvidia, s'apprête à publier son premier modèle de fondation à poids ouverts — une offensive frontale contre les champions chinois DeepSeek et Qwen, qui dominent actuellement les classements ouverts en code, en mathématiques et en efficacité.
Le « DeepSeek de l'Ouest »
Fondée en mars 2024 par deux anciens chercheurs de Google DeepMind, Misha Laskin (PDG) et Ioannis Antonoglou, Reflection AI s'est donné une mission claire : construire des modèles de frontière à poids ouverts, l'équivalent occidental de DeepSeek. Selon Axios, le modèle serait attendu dès ce mois d'octobre. Prudence toutefois : à l'heure où ces lignes sont écrites, ni le nom, ni la taille, ni la licence, ni les scores de référence n'ont été rendus publics. Ce qui est confirmé, c'est que la sortie est imminente — et que l'argent suit : la startup aurait engagé plus de 7 milliards de dollars de capacité de calcul jusqu'en 2029.
Des milliards et des puces
Reflection a levé 2 milliards de dollars en octobre 2025 à une valorisation de 8 milliards, lors d'un tour mené par Nvidia avec la participation d'Eric Schmidt, Citi, 1789 Capital, Lightspeed et Sequoia. Des tours ultérieurs auraient porté la valorisation jusqu'à 25 milliards de dollars. Nvidia a investi à elle seule 800 millions dans la startup.
Côté infrastructure, les accords se sont enchaînés :
- 150 millions de dollars par mois versés à SpaceX à partir du 1er juillet 2026 jusqu'en 2029 pour accéder aux puces Nvidia GB300 du centre de données Colossus 2 ;
- plus d'un milliard de dollars de capacité de calcul achetée à Nebius en juillet ;
- un protocole d'accord signé en mars 2026 avec le groupe sud-coréen Shinsegae pour construire une « usine IA » de 250 mégawatts en Corée du Sud.
Le pari de l'« usine IA »
Le PDG Misha Laskin vend une vision qu'il appelle l'« usine IA » : les entreprises et les gouvernements combineraient leurs propres données, les modèles ouverts de Reflection et leur propre puissance de calcul pour bâtir des systèmes IA souverains et personnalisés — sans les inquiétudes de sécurité qui freinent l'adoption des modèles chinois. La société a déjà un produit sur le marché : Asimov, un agent de compréhension de code destiné aux développeurs.
Selon les informations d'Axios, le modèle devrait dans un premier temps rester en retrait des meilleurs modèles fermés américains (OpenAI, Anthropic, Google), tout en rivalisant avec les meilleurs systèmes ouverts chinois. Avant le lancement, Reflection aurait même rencontré des interlocuteurs à Washington pour expliquer sa démarche.
Notre avis
Si Reflection tient ses promesses, octobre 2026 pourrait marquer le moment où l'Occident reprend enfin l'initiative dans l'IA ouverte. Le pari est audacieux : affronter DeepSeek sur son propre terrain, celui de l'ouverture et de l'efficacité, avec le soutien financier et matériel de Nvidia. Mais tant que les poids, la licence et les benchmarks ne sont pas publiés, tout cela reste une promesse — et dans l'IA, les promesses se paient en résultats. On surveille la sortie de très près.