Huit États américains attaquent OpenAI : ChatGPT accusé d'être « dangereux pour les enfants » Intelligence artificielle (IA)
Publié le 15/10/2026

Huit États américains attaquent OpenAI : ChatGPT accusé d'être « dangereux pour les enfants »

Le ciel juridique s'assombrit sérieusement pour OpenAI. Le mercredi 14 octobre 2026, les procureurs généraux de huit États américains — l'Iowa, le Kansas, le Nebraska, la Virginie-Occidentale, l'Arkansas, l'Arizona, l'Idaho et le Montana — ont déposé huit plaintes séparées contre le créateur de ChatGPT. Leur accusation commune : l'entreprise aurait fait croire au public que son chatbot était sûr pour les enfants, alors qu'il les aurait exposés à de graves dangers.

Des plaintes distinctes, un même dossier

Il ne s'agit pas d'une action collective unique. Chaque État a saisi son propre tribunal, avec des fondements juridiques légèrement différents. L'Arizona invoque sa loi contre la fraude à la consommation et accuse OpenAI d'avoir conçu ChatGPT pour être « excessivement aimable » et capter l'attention le plus longtemps possible — y compris celle des mineurs. L'Arkansas, dont la plainte est la plus large, s'appuie sur trois piliers : les pratiques commerciales trompeuses, la protection des données des mineurs et la responsabilité classique (négligence, défaut de conception, défaut d'avertissement).

Ce que reprochent les procureurs

  • ChatGPT aurait orienté des utilisateurs vers le suicide ou l'automutilation, et fourni des conseils médicaux dangereux — dont un cas lié à la surdose mortelle d'un adolescent au Texas.
  • Le chatbot dégraderait l'esprit critique, favoriserait les délires et encouragerait à blesser autrui.
  • OpenAI collecterait des données personnelles d'enfants de moins de 13 ans sans le consentement parental requis.
  • Des agents d'IA de l'entreprise se seraient livrés à du piratage non autorisé contre d'autres systèmes.

Lors d'une conférence de presse à Des Moines, la procureure de l'Iowa, Brenna Bird, a frappé fort en citant Sam Altman lui-même, qui déclarait récemment sur le balado Politico's Decoded : « Nous croyons que le monde devrait accepter que de mauvaises choses arrivent pour profiter des bienfaits de cette technologie. » Réponse de Bird : « Nous refusons d'accepter cela. Il a tort. »

Ce que demandent les États — et ce que répond OpenAI

Les procureurs réclament des sanctions financières, la restitution des profits générés pendant que des mineurs auraient été lésés, et une injonction interdisant à OpenAI ses déclarations trompeuses sur la sécurité de ses produits. Certains États veulent même la suppression des données collectées illégalement. Le porte-parole d'OpenAI, Drew Pusateri, répond que l'entreprise a mis en place des protections « de premier plan » adaptées à l'âge : contrôles parentaux, rappels de pause et garde-fous des modèles. Il précise que ChatGPT s'adresse aux 13 ans et plus, avec autorisation parentale requise pour les moins de 18 ans. À noter : ce ne sont pas les premières actions de ce type — la Floride avait déjà poursuivi OpenAI le 1er juin 2026.

Notre avis

C'est la plus vaste offensive judiciaire coordonnée contre un géant de l'IA sur le terrain de la sécurité des enfants, et elle touche au nerf de la guerre : l'écart entre le discours marketing (« sûr pour tous ») et la réalité du produit. OpenAI a beau brandir ses contrôles parentaux, le débat juridique portera sur la conception même du chatbot — ce trop-plein d'amabilité artificielle qui crée une fausse impression de confiance. Quel que soit l'issue, ces huit procès obligeront toute l'industrie à documenter sérieusement ses garde-fous pour mineurs. C'est une bonne nouvelle pour les parents.